Avec la crise actuelle du logement, les loyers sont souvent trop lourds à supporter en tant que célibataire et la colocation est apparue comme LA solution. De plus en plus pratiqué, si la colocation comporte de nombreux avantages pour les locataires, le bailleur peut lui aussi en tirer parti. Voici une analyse des différents avantages qui découle du choix d’accepter les colocations.

Aux yeux de la loi, la colocation est simplement une location à plusieurs, comme un couple non marié ou non pacsé.

 

Améliorer sa rentabilité locative grâce à la colocation

En effet, avec la colocation vous pouvez améliorer significativement la rentabilité de votre bien. Comment, et pourquoi ?

  • Le loyer, d’une part. Ce dernier est tout simplement multiplié du fait que vous percevez les loyers cumulés de l’ensemble des colocataires. D’une manière générale, ce que vous obtiendrez sera une somme plus intéressante comparée à si vous aviez loué l’appartement de manière indépendante et exclusive à une seule personne ou famille.
  • La demande. En effet, vous louerez plus facilement en colocation. Cela découle du fait que louer un bien avec une surface importante, particulièrement dans les grandes villes, est une tâche plutôt ardue. Le prix au m² est cher, les loyers s’en retrouvent immédiatement très onéreux, mais parallèlement on observe une augmentation des jeunes étudiants ou actifs célibataires. Ces logements sont donc bien souvent hors de portée de leurs budgets. En revanche, trouver plusieurs colocataires pour s’acquitter ensemble de ce montant est facile en comparaison à la solution qui consiste à miser sur une personne seule.
  • Moins de vacance locative. Entre le départ d’un locataire et le moment où vous réussissez à relouer le logement, il se passe parfois un laps de temps où ce dernier est inhabité. Ce qui signifie aucun argent pour vous durant cette période vacante. Elle peut représenter parfois plusieurs mois de loyers. Or, avec la colocation, ce problème n’existe pas tout simplement car les colocataires font le travail de recherche à votre place pour remplacer celui qui s’en va et pendant ce temps les loyers continuent d’être versés.

 

Qui sont les colocataires ?

Le cliché des étudiants agglutinés dans les colocations n’est plus si réaliste ! En effet, cette alternative séduit bien évidemment des jeunes mais aussi des moins jeunes. Si la colocation permet la location d’un bien avec une surface importante à moindre coût grâce au partage du montant du loyer, l’aspect rentabilité et financier n’est pas le seul critère de décision des colocataires. Certains choisissent cette option puisqu’elle offre une ambiance particulière communautaire et réduit la solitude. Il ne s’agit pas forcément d’une décision entre amis mais bien souvent entre personnes inconnues les unes aux autres avant l’installation ensemble.

Aussi, la vie active actuelle est telle que certains actifs travaillent de front sur plusieurs villes de l’hexagone mais n’ont pas les moyens (ou l’envie tout simplement) de multiplier les dépenses de loyers. La colocation permet alors de réduire les frais, mais également de s’assurer une compagnie.

 

Colocataires et clause de solidarité

Dans le cadre d’une colocation, la clause de solidarité représente une réelle garantie reconnue par la loi française en faveur du bailleur. Elle a pour conséquences que, si l’un des locataires ne paie pas son loyer ce sont les autres colocataires qui devront s’en acquitter pour lui. Il en va de même pour les éventuelles dégradations causées dans l’habitation.

Pour cela, le bailleur doit s’assurer au préalable, à l’aide du contrat de bail, de limiter le risque d’impayés. La solidarité entre les colocataires doit en effet être explicitement mentionnée dans le contrat. En opposition aux couples en situation de mariage ou de pacs, la solidarité entre colocataires n’est pas automatique. Le propriétaire doit donc insérer dans le bail cette clause.

Cette clause se situe dans le corps du contrat. La mention type est “Solidarité et indivisibilité : Les colocataires reconnaissent être solidaires et indivis pour l’exécution de leurs obligations. »
Il faut également rajouter, après le nom des locataires, dans la rubrique « les soussignés » la mention « colocataires indivisibles et solidaires ».

 

Les termes de la clause de solidarité permettent donc au bailleur d’exiger de n’importe quel colocataire, lorsque tous logent dans les lieux, le paiement de l’intégralité des loyers et charges locatives. Si le bail est reconduit de manière tacite, la clause de solidarité reste valide. Par contre, du moment où un colocataire part du logement, cette clause est limitée dans le temps. Le colocataire sortant ne peut être redevable du paiement d’un logement qu’il n’habite plus indéfiniment. Durant cette période, le bailleur peut toujours se tourner vers lui, s’il y a non paiement par le ou les colocataires restants.

La loi Alur limite la portée de la clause de solidarité dans le temps. D’après l’article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989, le colocataire partant, ainsi que la caution qu’il a payé, ne peut plus être tenu au paiement solidaire des loyers à la fin du congé qu’il a régulièrement délivré, ce en cas d’arrivée d’un nouveau colocataire. Sinon, la solidarité se poursuite au plus tard six mois après la date de départ.

 

Remplacer un colocataire

Pour éviter tout conflit au moment de la fin du bail, il est indispensable (comme dans une location normale) de faire un état des lieux à la remise des clés et de le faire dûment signer par chaque colocataire. A contrario, quand il s’agit du départ d’un des ces derniers, le bailleur n’a pas à réaliser avec lui un état des lieux de sortie si tant est que d’autres locataires restent en place dans le logement. Un seul état de sortie des lieux aura lieu au départ de tous les locataires et les clés remises au bailleur.

Pour continuer d’habiter dans le logement sans assumer le paiement de la part de loyer du colocataire sortant et devoir s’acquitter équitablement cette somme, les colocataires ont intérêt à trouver par eux-mêmes un successeur. Ils doivent ensuite obtenir l’accord du bailleur pour que le nouveau candidat soit ajouté au contrat (mais il n’a aucun intérêt à refuser). Un avenant au contrat sur papier libre sera dans ce cas réalisé, et sera annexé au bail initial.

Cet avenant comprend :

  • les noms, prénoms et coordonnées des co-signataires
  • la date à laquelle le colocataire sortant est parti
  • la date de début de bail au profit du nouveau colocataire
  • la mention précisant que l’intégralité du bail s’appliquera aux mêmes conditions que précédemment au nouvel arrivant et ce, pour tout le temps de son occupation du logement.

 

Charte des colocataires

Parfois craint des bailleurs à cause des nuisances, la colocation n’est pourtant pas plus génératrice de conflits qu’une location conventionnelle du moment qu’est établi un règlement. Effectivement, on ne peut jamais prévoir à l’avance la manière dont va se dérouler la vie en communauté des différentes personnes au sein du logement, d’autant plus qu’il se peut qu’elles ne se connaissent pas forcément. C’est la raison pour laquelle il est judicieux et vivement conseillé de faire signer une charte aux colocataires.

 

colocationL’abus d’alcool est dangereux pour la santé.

 

Ceci n’est pas obligatoire, mais permet d’encadrer la colocation en lui donnant des directives et un cadre de fonctionnement afin d’assurer le bon vivre de chacun. Son contenu définit par exemple la répartition des pièces et leur vocation, ainsi que l’attribution des chambres. Il peut également contenir un règlement précis sur les rangements, le ménage et les horaires. Ce dernier point prévaut essentiellement pour les soirées (qui sont réglementées) et des questions de tapages nocturnes, afin de respecter les besoins de tranquillité de tous les colocataires mais également les logements voisins.

De plus, l’un des colocataires se verra attribuer le rôle de référent. Il sera le médiateur privilégié du propriétaire en cas de problème. Mais également, à l’inverse, sera la voix de tous les colocataires s’il y a une requête à formuler auprès du bailleur.

En somme, la rédaction de ce règlement vous permet d’éviter bien des tracas. Et de mettre sur le papier le fonctionnement de cette dernière, attribuer une responsabilité à chacun pour veiller au bon cadre de vie pour tout le monde dans le logement.

Finalement, n’oubliez pas de vous assurer de la solvabilité de vos futurs colocataires en vous rendant sur notre article la solvabilité du locataire ou sur le dossier locataire : les documents à ne pas oublier et ceux à proscrire.